Lieux de création et de résidence artistique

Théâtre en Dur / Croix de Chavaux
Théâtre de Verdure / Murs à Pêches
Compagnie La Girandole

93100 Montreuil
01 48 57 53 17
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Cie VENT DEBOUT

CROÎ(T)RE ?

en résidence du 15 au 26 mars 2023

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LA COMPAGNIE VENT DEBOUT

Sarah Pèpe – autrice, actrice et metteuse en scène

Morgane Klein – musiciennne

La compagnie Vent Debout est née de l’envie et de l’urgence de mettre en scène le bruit du monde.

A partir de ses textes (une dizaine de textes édités), Sarah Pèpe invente des spectacles autour de thématiques qui l’interpellent aujourd’hui, à travers des formes scénographiques plurielles, propices aux questionnements.

4 spectacles ont déjà vu le jour : Domestiquées, Les roses blanches (texte lauréat du prix ado du théâtre contemporain 2019), Les pavés de l’Enfer (bourse Beaumarchais-SACD) et les Folles de la Salpêtrière et leurs soeurs, qui a reçu l’aide Beaumarchais-SACD mise en scène.

PRÉSENTATION DE LA CRÉATION

Mme Gluck vit dans une poubelle. Elle nous raconte comment elle en est arrivée là.

Ça commence justement avec un déchet, un objet qui est déchet pour les uns, mais qui ferait très bien l’affaire pour d‘autres, n’ayant pas les moyens de jeter des objets encore neufs pour honorer la mode, réclamée par leurs enfants. Un jour, Mme Gluck trouve un cartable sur une poubelle, le prend pour sa fille, sans lui dire d’où il vient. Une élève de l’établissement scolaire de sa fille le reconnaît comme étant son ancien cartable jeté et se moque d’elle : elle devient la mendiante de service, ridiculisée, insultée. Face à l’humiliation, Mme Gluck décide de faire ce qu’elle avait décidé de ne jamais faire : prendre un crédit pour réhabiliter sa fille et tandis que cette dernière commence à acquérir une nouvelle existence sociale, validée par ses paires, elle entre dans la spirale de l’endettement et de l’exclusion sociale. Son parcours devient l’histoire d’une chute accélérée. Jetée hors de la société, finalement abandonnée par sa fille, noyée sous la culpabilité et la honte, elle décide de trouver un nouveau sens à sa vie, qui l’éloignera de ses pensées suicidaires.

Repensant alors à l’origine de sa chute, le cartable jeté, Mme Gluck invente sa mission : sauver le monde en allant investir des poubelles et en éduquant les gens au tri.

Mais un jour, sa présence est connue et bientôt se constituent autour d’elle des groupes. Beaucoup souhaitent l’aider, d’autres essaient de l’utiliser, mais de plus en plus tentent juste l’échange avec elle, et c’est dans ces échanges, qui placent enfin les interlocuteur.rices au même niveau, que s’accomplit la naissance du politique.

NOTE D’INTENTION

J’avais envie de parler à la fois de la question de la dette et de la catastrophe écologique annoncée. Deux éléments me sont alors venus, qui reliai les deux : l’image des déchets, et la culpabilité individuelle.

La dette publique est sans cesse brandie pour nous ramener à un principe de réalité économique, qui serait indépassable, toute autre position n’étant même pas pensable. Elle est comme une épée de Damoclès, qui nous fait penser en termes de restrictions et assombrit l’avenir des générations à venir. Il faut se serrer la ceinture, procéder à des sacrifices dans les financements publics. Or, au même moment, à l’ombre de cette Dette publique, on encourage les dettes individuelles/des ménages pour relancer la croissance. Et on la favorise en suscitant l’envie d’acquérir, de posséder de plus en plus d’objets. Ainsi, on augmente les risques individuels tout en asséchant les filets de sécurité/solidarité.

La question de la dette entraîne celle de la consommation qui m’amène tout naturellement vers les déchets.

Le déchet est le symbole de la société de consommation. Il est ce qui reste de ce qui a été convoité et utilisé. Il est le fruit de l’obsolescence programmée. Plus on consomme et plus on génère du déchet, dont on a ensuite le plus grand mal à se débarrasser, ce qui entraîne toute une chaînes de conséquences fatales, au niveau local et mondial.

Ainsi, l’image qui m’est venue en tête, ce serait celle d’une femme, qui telle Winnie de Samuel Beckett dans Oh les beaux jours, s’enfoncerait de plus en plus dans une montagne de déchets, qui finirait par l’empêcher complètement de se mouvoir. La dette et les déchets m’ont conduite à la notion de culpabilité individuelle : chacun.e se sent responsable, coupable de laisser faire, de contribuer à la destruction, et de laisser une dette énorme (financière et écologique) à ses enfants. Mais cette culpabilité se heurte à un terrible sentiment d’impuissance, puisqu’on contribue d’un côté à ce qu’on dénonce de l’autre.

Dossier artistique

Site internet

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